Les lendemains de la guerre

La fin de la guerre marque un difficile retour à la vie civile pour les soldats, tandis que tout le pays s’attèle à sa reconstruction.

La démobilisation

Entre novembre 1918 et septembre 1919, les soldats sont démobilisés. Ils rencontrent de grandes difficultés de réinsertion dans la vie civile. Les mutilés de guerre peinent pour trouver un travail adapté à leurs blessures. Les hôpitaux psychiatriques, comme en Aveyron, accueillent de nombreux soldats, dont certains amnésiques, d’identité inconnue. Les pensions militaires sont peu élevées ; celles des veuves et orphelins de guerre le sont encore moins. Les anciens combattants se réunissent en associations pour protéger leurs droits et honorer leurs camarades morts au combat.

La reconnaissance du pays s’exprime à travers des livres d’or ou des monuments aux morts. À Albi, l’idée d’un monument aux morts est lancée dès 1918, mais il ne sera inauguré qu’en 1928, après quatre années de travaux. À Toulouse, l’école primaire supérieure Berthelot fait réaliser un grand Livre d’or de la Grande Guerre, honorant les anciens élèves et membres du personnel s’étant battus durant le conflit.

La reconstruction du pays

La reconstruction se fait lentement. Dans les industries, le retour de la main d’œuvre masculine, décimée par la guerre, est en outre ralenti par la démobilisation progressive. Par ailleurs, le budget de l’Etat est lourdement grevé par le coût élevé des dépenses militaires pendant le conflit et compte sur les réparations payées par l’Allemagne pour financer la reconstruction.

L’arrière n’a pas été sinistré comme les départements du nord proches du front. Toutefois, il est encore difficile de quitter l’économie de guerre pour revenir à des productions plus ordinaires. Les soldats anciens agriculteurs ont plus de facilité à retourner à leur vie d’avant-guerre. Cependant, beaucoup ont disparu : en Ariège, sur les 15.000 agriculteurs mobilisés, 5.000 sont morts. Les ouvriers, indispensables aux productions de guerre, ont acquis un nouveau poids social. Ils font entendre plus facilement leurs revendications dans les années 1920 et 1930. Enfin, certaines entreprises profitent jusqu’à la fin 1919 de la présence des prisonniers de guerre, mais aussi des soldats étrangers sur le territoire : à Montauban, la société Fouquet demande une équipe de soldats russes au préfet de Tarn-et-Garonne pour participer à des travaux agricoles urgents.

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